Israël: Projections de GHOST HUNTING avec Raed Andoni en Suisse romande dès la semaine prochaine
Les 12, 14 et 16 juin prochains, l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) aura l'honneur de soutenir la projection en Suisse romande du film GHOST HUNTING de Raed Andoni, vainqueur du prix du meilleur documentaire à la Berlinale 2017, festival international du film de Berlin. Il était a également été présenté en compétition internationale lors de la dernière édition du Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH), dont nous sommes partenaires. Ce magnifique film dissèque la torture des centres d'interrogatoire en Israël.
GHOST HUNTING
de RAED ANDONI
Prix du meilleur documentaire, Berlinale 2017 France/Palestine/Suisse/Qatar, 2017, 94’, vo arabe/hébreu, st fr
PROJECTIONS SPECIALES en présence de Raed Andoni 12 juin 20h Cinéma Bellevaux, Lausanne (puis le programme) 13 juin 20h15 Cinéma ABC La Chaux-de-Fonds 14 juin 20h: Cinémas du Grütli, Genève (puis le programme) 16 juin 18h15: Cinéma Rex, Fribourg
AU CINEMA dès le 14 juin 2017 Lausanne, Cinéma Bellevaux Genève, Cinémas du Grütli Neuchâtel, Cinéma Minimum et puis dans les autres villes
En partenariat avec la RTS - Radio Télévision Suisse, Amnesty International, l'Organisation mondiale contre lat torture (OMCT) et Le Courrier
SYNOPSIS
Afin de se confronter aux fantômes qui le hantent, le réalisateur palestinien Raed Andoni organise un casting de comédiens et de professionnels du bâtiment. Tous, comme lui, sont passés par La Moskobiya, le principal centre d'interrogatoire israélien.
Ensemble, ils reconstituent ce lieu de détention dans lequel les anciens prisonniers vont (re)jouer les interrogatoires et la séquestration. Cette entreprise de re-enactment va conduire les uns et les autres à jouer tantôt les bourreaux, tantôt les victimes dans une démarche cathartique à la fois troublante et émouvante.
« Ce film réalisé par Raed Andoni est d'une originalité surprenante. C'est une reproduction extraordinaire de l'incarcération des Palestiniens par l’État d'Israël. La réalisation du film est mise à nu à travers la construction des cellules et la sélection des acteurs dont certains ont des histoires poignantes. A travers les souvenirs, les dessins et les reconstitutions, nous découvrons un film aussi brillant que horrifiant : la peur, la torture et le désespoir mais toujours avec une part d'humanité. En un clin d'oeil, les rires se transforment en terreur. C'est un film audacieux et bouleversant, réalisé avec beaucoup de jugement cinématographique. Il laisse le public devant un défi : que faire face à tant de brutalité illégale ? Un jour ou l'autre le monde devra se rendre compte de cette injustice cruelle. Raed Andoni, grâce à son talent et à son engagement, nous rapproche de ce jour. »
Ken Loach, janvier 2017
RAED ANDONI NOTE D'INTENTION
En Palestine, plus de quatre hommes sur dix sont arrêtés ou interrogés dans des prisons israéliennes au moins une fois dans leur vie. Les plus jeunes ont parfois seulement 12 ans. Les centres d’interrogatoire sont les terreaux d’où naissent tout autant des histoires légendaires de victoire et d'héroïsme, que des histoires honteuses de défaite et de faiblesse. Cette matrice commune est une leçon de domination : par les autres et de soi-même. Les relations qui s’y créent, sur les valeurs de la force comme de la faiblesse, de la domination et de la subordination se répètent inlassablement, dans la prison mais aussi l’extérieur. C’est une réalité dont on ne parle pas et les traumatismes qui en découlent se terrent au plus profond de l’âme. Ce film est né de ce besoin d’expression.
Donner la possibilité à d’autres de pouvoir raconter leurs histoires m’a permis de rassembler des élément pour résoudre ce mystère. Mon but personnel est de reconstruire Al-Moscobiya et d’essayer de reprendre le contrôle de ma soumission.
Je ne cherche pas une reconstruction objective et complète du centre de détention ou des méthodes des interrogateurs Israéliens. Je propose plutôt un cadre où chacun est libre de revivre son expérience tant qu’il participe à la construction, aux jeux de rôle ou qu’il partage les souvenirs qui le hantent. Ce projet a pour but de questionner le traumatisme de la torture, mais aussi de changer de point de vue pour pouvoir s’en libérer ou au moins découvrir une partie inconnue de soi-même.