Au programme : du 6
au 8 décembre, 3 jours d’ateliers artistiques éducatifs et de libre-expression
à destination de groupes de jeunes et de victimes de violations des droits de
l’Homme, du 7 au 9 décembre la création de fresques graffiti dans 4 lieux de la
ville, avec plus de 15 graffeurs de différents pays, et une journée
d’événements publics le 10 décembre au théâtre Zawett Al Dahmani, avec une
conférence, la projection de films et un concert hip-hop.
Suite à une première
expérience concluante d’activités culturelles à Benghazi les 25 et 26 juin
dernier pour sensibiliser la population libyenne sur la torture, les mauvais
traitements, les disparitions forcées et autres formes de violations des droits
de l’Homme, l’OMCT poursuit ses actions de sensibilisation à l’occasion de la
Journée internationale des Droits de l’Homme le 10 décembre prochain. Cette
journée est célébrée chaque année en commémoration de l’anniversaire de
l’adoption et de la proclamation de la Déclaration universelle des droits de
l’Homme en 1948.
Cette journée des droits
de l’Homme en Libye sera axée sur la participation de la jeunesse, des victimes
de violations de droits de l’Homme, et des populations de déplacés internes.
Afin de les mobiliser, des ateliers artistiques et pédagogiques de musique et
d’arts plastiques seront organisés, le vendredi 6 et samedi 7 décembre. Ils
rassembleront des jeunes issus à la fois des Scouts de Tripoli, des camps de
déplacés internes Tawergha et des étudiants volontaires de la Faculté des
Beaux-Arts, qui à travers une initiation à la musique, aux arts plastiques ou
au graffiti, pourront réfléchir et s’exprimer sur le thème des droits de
l’Homme. Ces ateliers seront animés, côté arts plastiques et graffiti, par l’artiste
Ammar Abo Bakr, l’un des graffeurs les plus connus de la révolution égyptienne,
et par la dessinatrice Nadia Khiari alias Willis from Tunis, créatrice du
personnage du même nom qui croque avec satire l’actualité tunisienne. Les
ateliers musique seront quant à eux assurés par Wissam Al Hagagy et Malek
Eshkoyat du groupe libyen de hip hop « Razor Records », très
populaire à Tripoli.
Le dimanche 8 décembre,
un atelier sera également ouvert aux victimes de tortures, ou familles de
victimes de violations des droits de l’Homme, leur permettant d’extérioriser
leurs traumatismes à travers l’art et l’expression ouverte avec un psychologue.
Les artistes Willis from Tunis et Ammar Abo Bakr y prendront part afin de
partager avec eux leur expérience et leur façon d’exprimer les souffrances de
leurs pays à travers leur art, et ils réaliseront des croquis sur le vif à
partir des récits qui émaneront de ce groupe de parole.
Ammar Abo Bakr et Willis
from Tunis seront également rejoints par d’autres artistes de street art
internationaux et locaux, tels le graffeur et calligraphe tunisien Meen One ou
encore le graffeur libyen de Tripoli Ayman El Bohly, afin de réaliser plusieurs
fresques graffiti sur le thème des droits de l’Homme. Elles se répartiront en
quatre endroits très visibles du centre-ville, dont une fresque sur le sol en
3D sur la place des Martyrs, la place principale de Tripoli, ou encore une
fresque murale sur la rue de bord de mer de Tripoli. Le sujet des droits de
l’Homme et de la lutte contre la torture va ainsi entrer dans l’espace public à
travers le street art, qui a l’avantage de toucher de façon originale toutes
les couches de la population. Le graffiti est en effet une forme d’expression
qui a connu un essor considérable pendant et après les révolutions arabes,
permettant de communiquer et de faire passer des messages révolutionnaires en
s’affranchissant de la censure dans les médias traditionnels et de libérer une
créativité artistique jusqu’alors réprimée.
La restitution des
travaux réalisés par les jeunes et les artistes dans le cadre de ces ateliers
sera accompagnée le 10 décembre par une série d’événements ouverts au public.
Il y aura notamment une conférence-débat qui donnera la parole à la société
civile et aux institutions publiques, sur les façons possibles de promouvoir
les Droits de l’Homme dans le contexte libyen actuel. La journée se poursuivra
par une projection de films courts sur le thème des droits de l’Homme, avec en
particulier deux films de la sélection des Libya Movie Awards et un film sur le
travail de l’IRCT (International Rehabilitation Council for Torture Victims).
La soirée sera clôturée par un concert du groupe de hip hop Razor Records et
leurs invités, dédié à l’unité de la Libye et au rejet de la violence.
Ces événements ainsi que
les ateliers éducatifs et de libre-expression se tiendront dans le théâtre
Zawett Al-Dahmani, mis à disposition par le Ministère de la culture. Abandonné
depuis quelques années, le parking et les bâtiments attenants étaient utilisés depuis
la Révolution et la guerre qui a suivi comme centre de détention par des
milices libyennes. L’évacuation de ces groupes armés du lieu, et sa
réhabilitation à l’occasion de cet événement, avec la participation à la fois
du Ministère de la culture, des autorités locales, d’un groupe de jeunes
volontaires de la société civile, et des artistes, constitue « un projet
dans le projet », qui permettra d’offrir aux associations culturelles, aux
artistes et aux habitants de Tripoli, un nouveau lieu d’expression associative et
artistique dédié à la communauté.
Programme complet dans le flyer ci-joint (en
anglais)
Book photo des principaux artistes participants
ci-joint
La page Facebook de l’événement permettra de suivre en temps réels les
réalisations des ateliers pédagogiques, et l’évolution des fresques graffiti
dans les différents lieux de la ville :
https://www.facebook.com/events/516626188444365/517041608402823/
Contact presse :
Karim SALEM – +218 928387663
– ks@omct.org
Aude THEPENIER — aude.thepenier@um-elysee.fr
Currun SINGH – cs@omct.org

The joint OMCT-IRCT project in Libya is generously supported by the European Union.