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Défenseurs des droits... / Événements / 2012 / December

Radhia Nasraoui: 10 Portraits contre la Torture et l'Impunité

Radhia Nasraoui

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots?

Radhia Nasraoui, mariée et mère de 3 filles. Avocate depuis 1976, j’ai participé à la défense des victimes de la répression sous Bourguiba et sous Ben Ali (de gauche, libéraux, islamistes, nationalistes arabes, salafistes, étudiants, syndicaliste, défenseurs des droits de l’homme, journalistes, etc.).

La lutte contre la torture a été une tâche primordiale pour moi et elle l’est toujours puisque cette pratique continue après la chute de Ben Ali et sous les différents gouvernements qui lui ont succédé. J’ai participé à la fondation de l’Association de Lutte contre la Torture en Tunisie (A L T T ) qui a vu le jour le 26 juin 2003, devenue Organisation contre la Torture en Tunisie (O C T T ) après le 14 janvier 2011.

Quels sont aujourd'hui les principaux défis dans la lutte contre la torture dans votre pays ? Pourriez-vous nous décrire brièvement la torture et les mauvais traitements qui ont cours dans votre pays (contexte, ampleur du problème, type de victimes, type d'auteurs, etc.) ?

La torture continue d’être pratiquée en Tunisie dans les postes de police et de la garde nationale ainsi que dans les prisons. Plusieurs cas de décès ont été enregistrés notamment le cas de Abderraouf Khammassi, décédé à l’hôpital Charles Nicolle où il a été transféré quelques heures après son arrestation et où il a passé douze jours dans le coma.

Après le départ de Ben Ali, plusieurs centaines de citoyens et de citoyennes ont été victimes de torture et de mauvais traitements ou bien de violences policières, à la suite de manifestations ou de mouvements de protestation à caractère social et économique ou politique. Certains ont gardé des séquelles physiques et psychologiques graves: plusieurs fractures au niveau du visage brûlures des bras et une partie du visage.

Les violations policières des droits de l’homme touchent les femmes (viol de la jeune femme Myriam l’été passé) et les hommes, les jeunes et les moins jeunes et même des fois les enfants, les détenus de droit commun et les politiques … On peut dire que la torture est systématique et que l’objectif est de terroriser les gens et de les amener à ne plus exercer leurs droits et leurs libertés.

Selon vous, quelles sont les causes profondes de la torture et de l'impunité ?

Si cette pratique barbare continue en Tunisie après la révolution, c’est parce que la torture a toujours été la seule méthode d’investigation pour les enquêteurs. Elle a été utilisée aussi pendant des dizaines d’années pour briser la personnalité des prisonniers politiques (méthodes de torture à caractère sexuel…). Il n’est donc pas facile pour le corps de la police et des gardiens de prisons de s’en débarrasser. Il faut souligner aussi que l’impunité est la règle et qu’il est rare que des coupables d’actes de torture soient arrêtés et jugés. Les raisons principales sont, à mon avis, qu’il n’ y a pas encore eu de réforme au niveau du système sécuritaire et de la justice, qu’il n’y a pas de volonté politique pour mettre fin à la torture ou la freiner.

Quelle perspective adoptez-vous et quelles activités réalisez-vous dans la lutte contre la torture et les mauvais traitements dans votre pays ? Pourriez-vous citer quelques succès obtenus au travers de ces activités ?

La dénonciation à travers les médias des cas de torture et de mauvais traitements, la mobilisation des organisations de défense des droits de l’homme, nationales et internationales, l’organisation de campagne en faveur des victimes de torture … Cela a facilité la libération de certains détenus politiques, la protection d’autres détenus ou prisonniers - politiques ou de droit commun- contre les agissements de la police (actes de vengeance…) ou a contribué à l’amélioration de leurs conditions carcérales, etc.

Quels obstacles rencontrez-vous au quotidien dans la réalisation de vos activités?

Sous la dictature, j’étais harcelée par la police politique d’une manière continue surtout durant les deux décades de Ben Ali : arrestation, procès montés, agressions physiques, résidence surveillée, harcèlement de mes filles, présence policière constante devant mon domicile et mon cabinet, mise à sac de mon cabinet à plusieurs reprises, vol de ma voiture, pressions sur mes clients, campagne de dénigrement dans la presse de caniveau…

J’étais, de ce fait, obligée de militer dans la « semi clandestinité », car les agents de la police politique empêchaient les victimes de me contacter, et celles qui tiennent à le faire sont punies et harcelées… Je ne pouvais ni m’adresser à la presse de mon pays ni organiser un évènement public…Après le départ du dictateur, la situation a changé. L’organisation que je représente (Organisation contre la Torture en Tunisie- OCTT) a pu être légalisée…je peux maintenant militer au grand jour.

Vous sentez-vous menacé(e) du fait de vos activités ? Subissez-vous des ingérences dans votre travail ? Si oui, pouvez-vous préciser.

Effectivement, dans l’atmosphère d’insécurité qui règne en Tunisie actuellement, je me sens menacée d’autant plus que certaines pratiques de la dictature continuent : surveillance policière, le courrier arrive avec beaucoup de retard ou bien est intercepté, le téléphone est écouté, les campagnes de dénigrement sur Internet et les journaux de caniveau…

Qu'est-ce qui manque pour que l'affirmation « Rien ne justifie la torture » devienne réalité dans votre pays ?

Il faut organiser des campagnes de sensibilisation, utiliser les medias pour propager la culture des droits de l’homme essayer de changer la mentalité des citoyens et des citoyennes qui acceptent malheureusement des fois qu’on torture les gens quand il s’agit de crimes graves

Quel rôle l'opinion publique devrait-elle jouer dans la lutte contre la torture, et que peut faire la population pour soutenir cette lutte ?

L’opinion publique peut jouer un rôle important a mon avis dans l’éradication de la torture en dénonçant cette pratique, en soutenant les victimes, en appelant à ce qu’il y ai respect des droits humains et notamment de l’intégrité physique des gens.

Propriétés

Date: 10 December 2012
Activité: Défenseurs des droits de l'Homme
Type: Événements

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