| Rapport_Azerbaijan_FR 56 pages / 880 KB |
Paris-Genève, 21 avril 2015 – La répression sur la société civile, les ONG et les journalistes s'est dramatiquement intensifiée en Azerbaïdjan ces derniers mois à l'approche des Jeux européens organisés à Bakou, dénonce l'Observatoire dans un rapport rendu public aujourd'hui. Le document présente les cas de 8 défenseurs des droits humains emblématiques détenus arbitrairement dans le pays et revient en détail sur l'arsenal judiciaire adopté dernièrement par les autorités afin de museler toutes les voix dissidentes.
« Tous les principaux responsables d'ONG indépendantes ont été arrêtés. Leurs conditions de détention sont désastreuses et l'état de santé de certains, à l'instar de Leyla Yunus et Intigam Aliyev se dégrade de façon très inquiétante », a déclaré Gerald Staberock, secrétaire général de l'OMCT.
Une mission de l'Observatoire s'est rendue à Bakou en janvier 2015 afin de rencontrer les organisations de la société civile. Malgré plusieurs demandes adressées aux autorités, la délégation n'a pas été autorisée à rendre visite aux défenseurs détenus.
De nombreux pays de l'ère post-soviétique ont mis en place ces deux dernières années des politiques extrêmement répressives à l'encontre de la société civile. Ces politiques, très largement inspirées des lois adoptées dernièrement en Russie, sont paradoxalement appliquées dans un contexte où ces états tentent de se façonner une image internationale positive à l'occasion d'événements politiques ou publics majeurs. Ce fut le cas en 2014 au Bélarus avec les Championnats du monde de Hockey ou en Russie avec les Jeux olympiques de Sotchi. C'est aujourd'hui le cas en Azerbaïdjan avec les Jeux européens de juin prochain. Ces événements doivent constituer des opportunités pour la communauté internationale d'interpeller les autorités azéries sur les violations des droits humains, et sur la situation des personnes et des organisations qui défendent ces droits.

« A l'occasion des Jeux européens, nous espérons que les plus hautes autorités des États participants sauront dénoncer la situation des droits humains en Azerbaïdjan. C'est pourquoi nous leur demandons officiellement de conditionner leur participation à la cérémonie d'ouverture à la libération de tous les défenseurs des droits humains détenus », a déclaré Souhayr Belhassen, présidente d'honneur de la FIDH, qui a mené la mission à Bakou en janvier 2015. « Le fait que l'Azerbaïdjan devienne une alternative à la Russie en approvisionnement d'énergie ne doit pas interférer. La communauté internationale, et notamment les pays européens, se doivent d'être fermes», a-t-elle ajouté.
En Azerbaïdjan, le choix d'une politique de plus en plus liberticide fait également écho à des événements intervenus sur la scène internationale ou à ses frontières et considérés par le gouvernement comme des « menaces » pour la stabilité du pays : Printemps arabe, grandes manifestations en Russie, en Turquie, en Ukraine et le conflit dans la région du Haut-Karabakh.
La répression qui s’est abattue en 2014 sur les ONG et leurs dirigeants a été précédée par l’adoption d’une série d’amendements législatifs visant à restreindre les activités de la société civile. Certaines lois ont introduit des exigences administratives supplémentaires et des contrôles accrus, empêchant les ONG de s’enregistrer et les exposant à des poursuites pénales si elles perçoivent des subventions privées (les subventions publiques ne pouvant être perçues que par des ONG enregistrées). Enfin, d'autres dispositifs législatifs permettent dorénavant aux autorités de suspendre ou d'interdire les ONG de manière arbitraire.
Le Rapport est disponible en ligne sur la page de l’OMCT:
en français (Rapport_Azerbaijan_FR)
en anglais (Report_Azerbaijan_EN)
en russe (Report_Azerbaijan_RU)
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L’Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits de l’Homme (OBS) a été créé en 1997 par la FIDH et l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT). L’objectif de ce programme est celui d’intervenir pour prévenir ou remédier à des situations de répression contre les défenseurs des droits de l’Homme.
Pour
avoir plus d’information, merci de contacter :
FIDH: Lucie Kroening (français / anglais / allemand / arabe) - Tel: +33 6 48 05
91 57 (Paris)
FIDH: Arthur Manet (français / anglais / espagnole) - Tel: +33 6 72 28 42 94
(Paris)
OMCT: Miguel Martin Zumalacarregui (français / anglais / espagnole) – Tel: + 41 (0) 22 809 49 24 (Genève)
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