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SYRIE : Libre, Mazen Darwish doit maintenant être acquitté
Paris -
Genève, le 10 août 2015 - La libération de l'éminent défenseur des droits
humains syrien Mazen Darwish, après trois ans et demi de détention, est un véritable
soulagement, a déclaré l'Observatoire pour la protection des défenseurs des
droits de l'Homme. Mazen Darwish et ses collègues Hussein Ghrer et Hani
al-Zaitani sont accusés de "publication d'actes de terroristes" et
restent poursuivis devant le Tribunal syrien anti-terroriste. Nos organisations
appellent à l'abandon de toutes les charges retenus contre eux. Le verdict est
attendu le 31 août 2015.
"Mazen,
Hussein et Hani ne sont pas des terroristes, ce sont des défenseurs des droits
humains" a déclaré Karim Lahidji, président de la FIDH. "Toutes
les charges retenues contre eux doivent être immédiatement abandonnées",
a-t-il ajouté.
Depuis leur arrestation, le 16 février 2012, les trois défenseurs des droits
humains ont été détenus dans des conditions s'apparentant à une "disparition
forcée". Ils ont également, à plusieurs reprises, été victimes d'actes de
torture. Du 3 mai au 30 juin dernier, personne ne savait où ils se trouvaient[1].
"Nous exhortons le Tribunal syrien anti-terroriste à les acquitter lors
du verdict du 31 août, dans la mesure où le harcèlement judiciaire dont ils
sont victimes ne vise qu'à sanctionner leurs activités de défense des droits
humains." a déclaré le Secrétaire général de l'OMCT, Gerarld
Staberock.
Mazen Darwish est le directeur du Syrian
Centre for Media and Freedom of Expression (SCM), une organisation membre
de la FIDH. Il figurait parmi les prisonniers qui devaient bénéficier de
l’amnistie à l'occasion de la fête de l'Eid al-Fitr. Ses collègues, Hussein
Ghrer et Hani al-Zaitani en avaient bénéficié peu après l'annonce,
et avaient été respectivement libérés
les 17 et 18 juillet 2015[2].
Le 15 mai 2013, dans sa résolution 67/262, l'Assemblée générale des Nations
unies avait appelé à la libération des trois défenseurs. En janvier 2014, le
Groupe de travail sur la détention arbitraire des Nations unies avait reconnu
qu'ils avaient été privés de leur liberté de façon arbitraire à cause de leurs
activités de défense des droits humains. Le Groupe de travail avait également appelé
à leur libération immédiate. Enfin, le 22 février 2014, le Conseil de sécurité
des Nations unies avait adopté la résolution 2139 demandant la libération de
toutes les personnes détenues arbitrairement en Syrie.
L'Observatoire n'a eu de cesse d'appeler les autorités syriennes à libérer
Mazen, Hussein, et Hani depuis leur arrestation le 16 février 2012. Ce n'est
d'ailleurs qu'un an après cette arrestation qu'ils ont été officiellement
poursuivis par un juge du Tribunal anti-terroriste. Ce dernier a explicitement
fait référence au travail de défense des droits humains de Mazen Darwish pour
les inculper.
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (OBS) a été créé en 1997 par l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) et la FIDH. L’objectif de ce programme est d’intervenir pour prévenir ou remédier à des situations précises de répression contre les défenseurs des droits de l’homme.
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