COMMUNIQUÉ
DE PRESSE - L’OBSERVATOIRE
Togo :
des membres de la LTDH menacés de poursuites judiciaires
Paris-Genève,
le 6 août 2018 – L’Observatoire pour la protection des défenseurs des
droits de l’Homme (FIDH-OMCT) s'inquiète des menaces de poursuites judiciaires
proférées par le gouvernement à l'encontre des membres de la Ligue togolaise
des droits humains (LTDH) à la veille d'une réunion des chefs d’Etat de la
Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), et appelle
les autorités togolaises à assurer un environnement propice aux activités de
défense des droits humains dans le pays.
Selon les
informations reçues, le 30 juillet 2018, un communiqué de presse du
gouvernement a accusé la LTDH de prétendues « informations fallacieuses et non
fondées » en réponse à un rapport publié la veille au sujet de la
répression des manifestations qui se développent à travers le pays depuis le
mois d'août 2017.
Le rapport de la
LTDH, intitulé « La répression et la torture contre le changement démocratique »,
recense 22 décès en lien direct ou indirect avec les manifestations qui ont eu
lieu depuis un an dans les villes de Lomé, Sokodé, Mango et Bafilo. Le
gouvernement recense de son côté un total de 14 morts, dont sept décès par
balles et sept autres décès causés par « diverses causes ».
Dans son
communiqué, le gouvernement indique « se réserve[r] le droit de donner une
suite judiciaire à ce dossier après analyse complète du contenu dudit
rapport ».
L'Observatoire
s'inquiète de ces menaces de criminalisation à l'encontre de la LTDH et de ses
membres, dans un contexte de harcèlement croissant visant les défenseurs
togolais.
L'Observatoire
rappelle que le 6 avril 2018, M. Assiba Johnson, président du
Regroupement des jeunes Africains pour la démocratie et le développement,
section-Togo (REJADD-Togo), a été inculpé de « diffusion de fausses
nouvelles » et « outrage aux autorités publiques » suite à la publication,
le 10 février 2018, d'un rapport préliminaire du REJADD-Togo et
du Réseau africain pour les initiatives de droits de l’Homme et de solidarité
(RAIDHS) intitulé Togo : Plus de 100
morts dans la répression des marches pacifiques du 19 août 2017 au 20 janvier
2018. Dans un communiqué paru le 13 février 2018, le Gouvernement togolais
avait rejeté le contenu du rapport et menacé de poursuites judiciaires les deux
organisations impliquées.
L'Observatoire
appelle les autorités togolaises à s'abstenir de toute forme de harcèlement à
l'encontre des ONG et défenseurs au Togo, et à se conformer en toutes
circonstances aux normes régionales et internationales relatives à la liberté
d'expression et d'information.
L’Observatoire,
partenariat de la FIDH et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT),
a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de
violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible. La FIDH et
l'OMCT sont membres de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’Union européenne
pour les défenseurs des droits de l’Homme mis en œuvre par la société civile
internationale.
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