COG 001 / 0108 / OBS 006
Menaces
République du Congo
15 janvier 2008
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante en République du Congo.
L’Observatoire a été informé de sources fiables de menaces proférées à l’encontre de membres de l’Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH) de la part de la Direction générale de la police nationale pour avoir diffusé, le 8 janvier 2008, un communiqué de presse dénonçant le manque de transparence dans les élections locales et demandant leur report.
Selon les informations reçues, le 11 janvier 2008, M. Roger Bouka Owoko, directeur exécutif de l’OCDH, a été convoqué à la Direction générale de la police nationale (DGPN) où il a été reçu par trois collaborateurs du Général Jean François Ndengue, directeur général de la police nationale, dont le Colonel Tsoumou Moukala, directeur de la sécurité publique, et M. Jean Aive Alakoua, directeur des renseignements généraux.
Cette convocation a fait suite à la publication par l’OCDH, le 8 janvier 2008, d’un communiqué de presse intitulé “Elections locales et municipales : la mise en place d’une commission électorale indépendante et la refonte du fichier électoral s’imposent”, et transmis aux membres du gouvernement, aux institutions publiques (dont la Direction générale de la police nationale) et aux missions diplomatiques en République du Congo. Dans ce document, l’OCDH demandait le report des élections locales et municipales, prévues le 20 janvier 2008, pour permettre la mise en place d’une commission d’organisation des élections réellement indépendante et l’actualisation des listes électorales par le biais d’un recensement administratif spécial.
Lors de cette convocation, qui a duré près d’une heure, les collaborateurs du Général Jean François Ndengue ont affirmé que la demande du report des élections par l’OCDH constituait une revendication politique qui, selon eux, n’est pas du ressort d’une ONG de défense des droits de l’Homme. Ils ont également fait comprendre à M. Bouka Owoko que le jour où ils établiront la preuve de “collusions entre l’OCDH, l’opposition et les puissances étrangères pour déstabiliser le Congo, ils prendront leurs responsabilités”. Le Général Ndengue, le Colonel Moukala et M. Alakoua ont également menacé de sévir “si l’OCDH faisait de la politique”.
L’Observatoire dénonce ces menaces qui s’inscrivent dans un contexte international plus large d’intimidations à l’encontre d’organisations de la société civile en Afrique, et rappelle qu’en vertu de l’article 6(b) de la Déclaration des Nations Unies sur les Défenseurs adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU le 9 décembre 1998, selon lequel “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, conformément aux instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme et autres instruments internationaux applicables, de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et connaissances sur tous les droits de l’Homme et toutes les libertés fondamentales”.
L’Observatoire vous prie d’écrire aux autorités congolaises et de leur demander de :
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Paris-Genève, le 15 janvier 2008
Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.
L’Observatoire, programme de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible.
L’Observatoire a été lauréat 1998 du Prix des Droits de l’Homme de la République Française.
Pour contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence:
E-Mail : Appeals@fidh.omct.org
Tel et fax FIDH : + 33 1 43 55 20 11 / 33 1 43 55 18 80
Tel et fax OMCT : +41 22 809 49 39 / 41 22 809 49 29
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