23 juillet
2020
Sept. C'est le nombre de convocations de la Brigade Nationale de la Police Judiciaire reçues par Omar Radi, rédacteur en chef du pôle « enquêtes » au site d'informations marocain Le Desk, en moins d'un mois. Objet de ces convocations : une « enquête préliminaire sur (son) implication présumée dans la réception de financements étrangers, en lien avec des services de renseignement ».
M. Radi, qui conteste fermement les accusations portées contre lui, a été entendu pour la première fois le 25 juin, trois jours après la publication d'un rapport d'Amnesty[1] International dénonçant la mise sous surveillance de son smartphone par le biais du logiciel espion Pegasus, conçu par la société israélienne NSO Group. Les autorités marocaines ont nié toute implication dans cette surveillance, et ont sévèrement critiqué le rapport. M. Radi a été convoqué à nouveau par la police les 2, 9, 13, 15, 17 et 20 juillet.
Ces multiples convocations, chacune donnant lieu à des interrogatoires de 6 à 9 heures, semblent viser à exercer une pression psychologique sur M. Radi, probablement en représailles contre son travail journalistique. [2]
M. Radi avait été arrêté le 25 décembre 2019, 8 mois après avoir publié un tweet critique au sujet d'une condamnation en justice des dirigeants de manifestations socio-économiques dans la région du Rif.[3] Il a été maintenu en détention six jours avant d'être libéré sous caution, puis condamné, en mars 2020, à quatre mois de prison avec sursis pour « outrage à un magistrat ».
Nous, les organisations internationales de défense des droits humains soussignées :
- Appelons les
autorités marocaines à cesser immédiatement de harceler le journaliste Omar
Radi ;
- Dénonçons les
incessantes campagnes de diffamation à son encontre, menées par des médias
réputés proches des autorités marocaines[4]
;
- Appelons les
autorités marocaines à garantir que les journalistes puissent effectuer leur
travail librement, sans crainte de représailles.
- Appelons les
autorités marocaines à garantir en toutes circonstances que les défenseurs des
droits humains au Maroc soient en mesure de mener leurs activités en faveur des
droits humains sans crainte de représailles.
- Exprimons notre
inquiétude face à la multiplication des procès qui violent le droit à la
libertéé d’expression.[5]
- Réclamons le respect
des conventions internationales relatives à la liberté d’expression ratifiées
par le Maroc
Co-signataires :
EuroMed Droits
Front Line Defenders[6]
ARTICLE 19
FIDH, dans le cadre de
l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains[7]
Organisation mondiale
contre la torture (OMCT), dans le cadre de l'Observatoire pour la protection
des défenseurs des droits humains
Human Rights Watch
Freedom House
Reporters Sans Frontières[8]
[1] https://www.amnesty.org/en/latest/research/2020/06/moroccan-journalist-targeted-with-network-injection-attacks-using-nso-groups-tools/
[3] Pour rappel, EuroMed
Droits, ses membres marocains et Article 19 avaient publié en janvier 2020 un
communiqué de soutien à Omar Radi lors d’un procès pour un tweet critique d’un
décision de justice (le tweet dénonçait la lourdeur des peines contre les
leaders du Hirak) : https://euromedrights.org/fr/publication/au-maroc-la-liberte-dexpression-desormais-suspendue-a-un-tweet/
[4] «Au Maroc, 110
journalistes se mobilisent contre les « médias de diffamation» https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/07/16/au-maroc-110-journalistes-se-mobilisent-contre-les-medias-de-diffamation_6046424_3212.html
[5] https://www.hrw.org/fr/news/2020/02/05/maroc-campagne-de-repression-contre-les-utilisateurs-de-reseaux-sociaux
[6] https://www.frontlinedefenders.org/en/case/judicial-harassment-journalist-and-human-rights-defender-omar-radi
[7] Maroc :
Harcèlement judiciaire à l’encontre de M. Omar Radi » https://www.fidh.org/fr/themes/defenseurs-des-droits-humains/maroc-harcelement-judiciaire-a-l-encontre-de-m-omar-radi
[8] «RSF appelle les autorités marocaines à cesser de harceler
le journaliste Omar Radi» https://rsf.org/fr/actualites/rsf-appelle-les-autorites-marocaines-cesser-de-harceler-le-journaliste-omar-radi
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