Niger: Relaxe de Samira Sabou : un premier signal positif envoyé par le pouvoir judiciaire au Niger
Paris-Genève, le 28 juillet 2020 – La
journaliste Samira Sabou, poursuivie pour diffamation par le fils du président
du Niger, a été relaxée et libérée aujourd’hui par le Tribunal de Grande
Instance Hors Classe de Niamey qui a jugé que l’infraction n’était pas
constituée. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de
l’Homme (FIDH-OMCT) salue ce verdict et appelle à la libération de tous les
autres défenseurs des droits humains arbitrairement emprisonnés au Niger.
Après 48 jours de détention préventive à la
prison civile de Niamey, Samira Sabou recouvre enfin sa liberté. Arrêtée le 11 juin 2020, elle était
poursuivie pour diffamation au titre de l'article 29 de la loi sur la
cybercriminalité du 25 juin 2019 suite à une plainte déposée contre elle par
Sani « Abba » Mahamadou Issoufou, le fils et directeur adjoint
du cabinet du président de la République du Niger. A l’issue de son procès qui
s’était ouvert le 14 juillet 2020, estimant que l’infraction n’était pas
constituée, le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey a donc
prononcé sa relaxe et ordonné sa libération.
« Cette libération
est un premier signal positif envoyé par le pouvoir judiciaire au Niger »
a réagi Alice Mogwe, présidente de la FIDH. « Toutefois, il ne faut
pas oublier que d’autres défenseurs des droits humains sont toujours
emprisonnés dans le pays en raison de leurs activités pacifiques. Je pense
notamment à Maikoul Zodi, Halidou Mounkaila et Moussa Moudy détenus pour leur
prise de position contre la corruption. Eux aussi doivent être
libérés ! ».La plainte qui
visait la journaliste avait été déposée par M. Issoufou suite à un commentaire
posté par une personne tierce sous une publication Facebook de Samira Sabou en
date du 26 mai 2020, dans laquelle elle faisait référence à un audit du
Ministère de la Défense faisant état d’une surfacturation et de détournements
de fonds lors de l'achat de matériel militaire.« Nous
nous félicitons de la libération de Samira Sabou, mais il convient de rappeler
qu’elle n’aurait jamais dû être détenue en premier lieu. Les détentions
arbitraires et la criminalisation visant à museler les journalistes et
défenseurs des droits humains au Niger doivent immédiatement cesser »
a conclu Gerald Staberock,
secrétaire général de l’OMCT.L’Observatoire, partenariat de la FIDH et de
l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a vocation à protéger les
défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une
aide aussi concrète que possible. L’OMCT et la FIDH sont membres de
ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’Union européenne pour les défenseurs des
droits de l’Homme mis en œuvre par la société civile internationale.
Pour plus d'informations, merci de contacter :
- FIDH : Eva Canan : +33 6 48 05 91 57
/ ecanan@fidh.org
- OMCT : Iolanda Jacquemet: +41 79 539 41 06 /
ij@omct.org