SEN 002 / 1206 / OBS 152
Menaces de mort / Intimidations
Sénégal
19 décembre 2006
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante au Sénégal.
L’Observatoire a été informé par la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (RADDHO) de graves menaces à l’encontre de M. Alioune Tine, secrétaire général de la RADDHO et de Mme Dié Maty Fall, journaliste à Sud Quotidien.
Selon les informations reçues, le 25 novembre 2006, Mme Dié Maty Fall a reçu des menaces via plusieurs appels téléphoniques adressés à sa mère. Les auteurs de ces menaces, non identifiés à ce jour, ont tout d’abord demandé si Mme Maty Fall se trouvait chez elle puis, lors d’un dernier appel ont indiqué qu’elle devait « cesser ses activités et […] arrêter de se mêler de ce qui ne la regarde pas ».
Dans la nuit du 26 au 27 novembre 2006, M. Alioune Tine a également reçu trois appels téléphoniques à partir de 23h00. Lors du premier appel, l’auteur des menaces s’est identifié comme M. X. Lors des 2ème et 3ème appels, l’auteur a sommé M. Tine de mettre un terme à ses activités en lui « conseillant » de « penser à lui, à sa famille et à ses enfants ».
Ces menaces se sont produites deux jours après la diffusion d’une déclaration intitulée « Résistance citoyenne pour la défense des institutions de la République », co-signée par plusieurs représentants de la société civile, membres du Comité de suivi du Pacte républicain, dont M. Tine et Mme Maty Fall. Ce document dénonçait notamment « les arrestations arbitraires » et « les convocations intempestives à la Division des investigations criminelles (DIC) » dont sont régulièrement victimes les défenseurs des droits de l’Homme et les journalistes. Peu avant la signature de cette déclaration, M. Alioune Tine avait également insisté auprès des autorités étatiques pour qu’elles favorisent un climat politique propice à l’expression démocratique de tous les acteurs de la vie publique.
Ces menaces s’inscrivent plus généralement dans un climat de dégradation des libertés au Sénégal, notamment de la liberté d’expression, dans le contexte pré-électoral actuel. Ainsi, début novembre 2006, M. Jacques Habib Sy, directeur de l’ONG Aid Transparency, a également été menacé de mort. De même, plusieurs journalistes particulièrement impliqués dans la dénonciation des atteintes à la démocratie et à l’état de droit ont été menacés, notamment par de hauts représentants de l’Etat. A cet égard, le 12 décembre 2006, le directeur de cabinet du président de la République a notamment déclaré, dans une interview à l’Observateur : « […] Quant aux journalistes, je leur demande d’abandonner les propos qui les expose à des menaces. Certains d’entre eux ne font qu’inventer des contre-vérités et des calomnies . Mais je dis que tout journaliste qui dira ce qu’il ne devrait pas dire sera corrigé ».
L’Observatoire exprime sa plus vive préoccupation au regard de ces menaces visant des défenseurs des droits de l’homme et prie les autorités sénégalaises de mettre un terme à toute forme d’intimidation et de discrédit à leur encontre.
Merci de bien vouloir écrire aux autorités sénégalaises en leur demandant de :
***
Genève - Paris, le 19 décembre 2006
Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.
L’Observatoire, programme de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible.
L’Observatoire a été lauréat 1998 du prix des Droits de l’Homme de la République Française.
Pour contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence :
E-mail : Appeals@fidh-omct.org
Tel et fax FIDH : 33 1 43 55 20 11 / 33 1 43 55 18 80
Tel et fax OMCT : + 41 22 809 49 39 / 41 22 809 49 29
| Tweet |
Français