TUN 005 / 1207 / OBS 170
Détention arbitraire / Grève de la faim
Tunisie19 décembre 2007
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), vous prie d’intervenir d’urgence à propos de la situation suivante en Tunisie.
L’Observatoire a été informé par le Conseil national des libertés en Tunisie (CNLT) de la grève de la faim menée par M. Slim Boukhdir, correspondant du journal panarabe basé à Londres Al Quds Al Arabi et du site Internet de la chaîne de télévision satellitaire Al-Arabiya, et membre fondateur de l’association de défense des libertés “Liberté et équité”, actuellement détenu arbitrairement.
Selon les informations reçues, le 13 décembre 2007, M. Slim Boukdhir, qui est actuellement détenu à la prison de Sfax, à 231 km au sud de Tunis, a entamé une nouvelle grève de la faim afin de protester contre ses conditions de détention. M. Boukdhir serait notamment détenu dans une cellule sans lumière, en compagnie de deux prisonniers de droit commun, et son avocat a été interdit de lui rendre visite.
Le 4 décembre 2007, M. Slim Boukdhir a été condamné par le Tribunal cantonal de Sakiet Ezzit (Sfax) à un an de prison ferme pour “outrage à un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions” et “atteinte aux bonnes mœurs”, au terme d’un procès inéquitable. Notamment, le Président du tribunal cantonal, M. Hatem Warda, a accepté d’accréditer le témoignage de deux témoins à charge, alors que ces témoignages n’ont pas été recueillis de façon réglementaire, en violation de l’article 155 du Code de procédure pénale, puisque les témoins n’ont pas prêté serment. En outre, l’agent de police qui a porté plainte contre M. Boukhdir pour outrage et atteinte aux bonnes mœurs a lui-même mené l’interrogatoire, en violation de l’article 12 du Code de procédure pénale.
En outre, le 4 décembre après midi, les avocats de M. Boukdhir se sont vus refuser par l’administration carcérale l’accès à leur client, en dépit des permis de visites dûment signés par le juge en charge de son dossier.
M. Boukdhir avait été arrêté le 26 novembre 2007 alors qu’il se rendait à Tunis, suite à sa convocation par le poste de police de Khaznadar afin d’aller chercher son passeport[1], puis placé en détention préventive au poste de Sakiet Ezziet.
L’Observatoire dénonce la détention arbitraire de M. Slim Boukdhir, qui vise manifestement à sanctionner son engagement en faveur de la liberté de la presse et de la liberté d’expression depuis plusieurs années. A cet égard, ce dernier avait récemment publié des articles sur la corruption, dans lesquels il mettait en cause des proches du président Ben Ali.
L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités tunisiennes en leur demandant de :
Genève-Paris, le 19 décembre 2007
Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.
L’Observatoire, programme de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible.
L’Observatoire a été lauréat 1998 du Prix des Droits de l’Homme de la République Française.
Pour contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence:E-Mail : Appeals@fidh.omct.org
Tel et fax FIDH : + 33 1 43 55 20 11 / 33 1 43 55 18 80Tel et fax OMCT : +41 22 809 49 39 / 41 22 809 49 29
[1] Début novembre, M. Boukdhir avait déjà mené une grève de la faim de deux semaines pour protester contre le refus des autorités de lui délivrer un passeport.
| Tweet |
Français