55ème session
8 – 26 juillet 2013
ONG du Nord Kivu : AFEMED/NK, Défenseur judiciaire et association dynamique des femmes juristes, Association pour la Défense des Droits de la Femme (ADDF), Femmes Engagées pour la Promotion de la Santé Intégrale (FEPSI), Mutaani FM, Marche Mondiale de la femme, Action Aid International, Programme Promotion des Soins de Santé Primaires (PPSSP), Marche Mondiale des femmes, Synergie des femmes/Walikale UCF
ONG du Sud Kivu : SOS Information Juridique Multisectorielle (SOS IJM), Congo Renaitre, ASBL/REVIVRE, APC, Action des Chrétiens Activistes des Droits de l’Homme a Shabunda (ACADHOSHA), Syndicat d'Initiatives pour le développement du territoire de Mwenga (SIDEM), Association des Femmes Juristes Congolaises (AFEJUCO), Coordinatrice Provinciale Regard Rural Sans Frontière (RRSF), Centre Olame, Arche D’Alliance.
Depuis plus de deux décennies, de graves violations des droits de l’homme sont perpétrées en République Démocratique du Congo (RDC). L’armée congolaise (FARDC), les forces de police (PNC) et les forces de sécurité ainsi que des groupes armés nationaux ou étrangers sont responsables de multiples exactions contre la population civile congolaise et notamment des assassinats, des pillages, des actes de torture et des actes de violences sexuelles envers les femmes. Le problème des violences sexuelles en RDC a fait l’objet d’une attention particulière de la communauté internationale à partir des guerres qui ont éclaté entre 1996 et 2002. Durant lesquelles un grand nombre de filles et de femmes ont été victimes de viols par les parties au conflit.
Au Sud et Nord Kivu, la population civile est toujours confrontée à ces exactions et de nombreuses filles et femmes sont victimes de violences sexuelles. Les exactions commises par les groupes armés interviennent dans un contexte de vide sécuritaire, exacerbé par des désertions dans les rangs de l’armée en avril 2012, la création du groupe armé M23 et du redéploiement des FARDC.
Le Sud et Nord Kivu sont des régions riches en ressources minières. Le contrôle des mines est un enjeu pour les groupes armés et pour les FARDC, ce qui a transformé cette région en zone de violentes rivalités. Les groupes armés et les FARDC utilisent les violences sexuelles comme une « arme de guerre » afin de contrôler la région et détruire les familles et les communautés.
Les femmes ayant subi des violences sexuelles sont souvent réticentes à porter plainte, à la fois par peur et par honte. Dans la majorité des cas, ce sont les victimes qui sont stigmatisées et les auteurs des crimes ne sont pas poursuivis. En effet, une femme victime de viol en RDC, risque de se faire expulser de son foyer et de sa communauté. A ce risque, s’ajoute la difficulté pour beaucoup de femmes d’accéder à la justice et aux réparations, notamment dans certaines parties reculées du Sud et Nord Kivu. Les auteurs de ces crimes profitent ainsi d’un climat d’impunité généralisé pour continuer à commettre leurs exactions. A l’heure actuelle, l’impunité est un des principaux facteurs expliquant la perpétuation de ces crimes.
Les violences contre les femmes, y compris les violences sexuelles, ne sont pas uniquement le fait des groupes armés et des groupes rebelles, mais également de civils. Bien que la violence sexuelle perpétrée par des civils soit inhérente au conflit armé, il faut bien comprendre qu’elle s’inscrit en outre dans un continuum dont les femmes et les filles ont à souffrir, que ce soit en temps de paix, en période de conflit ou de post-conflit. Cette violence s’inscrit dans un contexte plus large de discriminations et d’inégalités dont les femmes sont victimes. Durant un conflit armé, les inégalités de genre et les modalités de discrimination sont davantage exacerbées. En RDC, les femmes demeurent sous-représentées et souvent exclues de nombreux domaines dans la société (politique, économique, social et culturel) et des instances de décisions.
L’objectif
de ce rapport est de présenter les principales causes de violences contre les
femmes en RDC, et plus particulièrement au Sud et Nord Kivu. Tout d’abord, le
rapport se penche sur le statut de la femme au sein de la législation nationale
ainsi que sa sous-représentation dans certains secteurs de la société (chapitre
1). Puis, le rapport analyse les différentes formes de violences subies par les
femmes aux niveaux de la famille, de la communauté et de l’Etat (Chapitre 2).
Enfin, un ensemble de recommandations sont faites afin de mettre fin aux
violences contre les femmes au Sud et Nord Kivu.
Pour plus d'information, vous pouvez contacter :
- Justine Masika Bihamba, Coordinatrice – SFVS : justinemasika@gmail.com / +41 77 961 30 70
- Carin Benninger, Coordinatrice du Programme « Violence contre les Femmes » - OMCT : cbb@omct.org / +41 22 809 49 39
| Tweet |