Congo, Rép. Dém.: 28ème Session du Conseil des droits de l'homme: Dialogue interactif avec la RSSG pour les enfants et les conflits armés
Conseil des droits de l’homme
28ème session
Point 3: Dialogue interactif avec la RSSG pour les enfants et les conflits armés
11 March 2015
Orateur: Enkeleda PapaMonsieur le Président,
Franciscans International, Fastenopfer, l’OMCT, et la CERN[1] accueillent avec satisfaction le rapport[2] de la Représentante Spéciale du Secrétaire Général (RSSG) pour les enfants et les conflits armés mettant en lumière les progrès réalisés dans le cadre de la lutte contre l'impunité pour les auteurs de graves violations des droits de l'enfant.
Nous félicitons les efforts déployés par la Représentante Spéciale dans la conclusion et la mise en œuvre effective des plans d’actions avec les Etats membres concernés, y compris avec la République Démocratique du Congo. Nous saluons à juste titre l’engagement du Gouvernement congolais dans la mise en œuvre de son plan d’action national et les progrès enregistrés à cet égard.
Cependant, nous nous inquiétons de la persistance des violations graves des droits humains à l’Est de la RDC dû aux conflits armés récurrents, et qui touchent particulièrement les enfants. Ces violations continuent d'être commises tout particulièrement dans des zones riches en ressources naturelles par des groupes armés rebelles utilisant la terreur pour soumettre la population locale.
Dans ce cadre, nous demeurons préoccupés par la persistance du phénomène du travail des enfants dans le secteur minier et surtout du faible avancement de la mise en œuvre des initiatives de diligence raisonnable, traçabilité et certification des minerais. Nous encourageons ainsi le Gouvernement congolais à intensifier ses efforts dans la mise en œuvre effective du Plan d’action national de lutte contre les pires formes de travail des enfants ainsi que du Code minier actuellement en cours de révision et des six outils de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) pour la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, tout en accordant une attention très particulière aux impacts de l’exploitation minière sur les communautés locales. L’exploitation des ressources naturelles devra désormais contribuer au retour de la paix et sa consolidation et au développement dans la région.
En outre, la prévalence des actes de violence sexuelle à l’égard des enfants demeure un sujet de grande préoccupation. Les violences sexuelles continuent à être utilisées comme arme de guerre en toute impunité à l’Est de la RDC, surtout dans les zones minières, en ajoutant ainsi le nombre des victimes qui se voient ensuite rejetées par leur propre famille et leur communauté. Le Gouvernement congolais s’affronte toujours au grand défi de traduire en justice les responsables de violences sexuelles ainsi que d’autres violations graves des droits humains, et d’assurer l’accès des victimes à la justice. Nous exhortons le Gouvernement de la RDC à renforcer ses efforts dans la mise en œuvre effective de la Stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre en assurant la protection des victimes, y compris leur l’accès à la justice, ainsi qu’un engagement actif et réel pour lutter contre le climat d’impunité qui perdure.
Je vous remercie.
[1] Commission Episcopale pour les Ressources Naturelles, RDC.
[2] A/HRC/28/54.