Communiqué de presse
Genève, le 15 mars 2017 – À l’approche de l’Examen Périodique Universel (EPU) par les Nations Unies des droits de l’Homme aux Philippines, l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) dénonce à deux reprises cette semaine les nombreuses violations de la « guerre contre la drogue » du Président Duterte et invite les États Membres à réagir.
Depuis l’élection de Rodrigo Duterte en juin 2016, plus de 7000 adultes et enfants ont été torturés et/ou abattus dans les quartiers pauvres de la capitale du pays au cours d’enquêtes par les forces de l’ordre dans le cadre de la lutte contre la criminalité, la corruption et l’insécurité attribuées aux consommateurs et revendeurs de drogue. Ces crimes souvent classés sans suite comme des actes d’auto-défense, restent impunis, résultant en un vertigineux et très inquiétant recul de l’État de droit aux Philippines.
L’OMCT, qui avec son partenaire aux Philippines, Children’s Legal Rights and Development Center (CLRDC), œuvrent sur place depuis 2009 pour la protection contre la torture des enfants en détention, ont constaté une hausse exponentielle des cas de détention arbitraire, torture et exécution extra-judiciaire chez les mineurs depuis l’élection de Duterte. Rien que dans les premiers six mois de son mandat, ils ont avéré au moins 30 cas d’exécutions d’enfants dans la région de Manille.
« Les Philippines ne sont pas isolées ; elles sont comme une pointe émergée de l’iceberg des violations de nos droits à tous, » déclare M. Staberock. « Si nous restons indifférents à ce qui s’y passe, il n’y aura plus de limites – le pire pourra arriver partout et à n’importe qui.»
À l’instar de ce qui se passe dans nombre d’autres pays, le respect de la démocratie et du droit aux Philippines dégénère au nom du maintien de la sécurité. Mais les deux choses peuvent – et doivent – être compatibles. C’est ce que l’OMCT réitèrera cette semaine au cours de deux débats sur la situation alarmante des droits de l’Homme dans le pays pour sensibiliser le grand public et inviter les acteurs internationaux et États Membres des Nations Unies à faire pression sur le Gouvernement Duterte.
À l’ONU
Le Secrétaire général de l’OMCT, Gerald Staberock animera aujourd’hui de 15 à 16 heures 30 un débat (salle XXV du Palais des Nations) en marge de la 34ème session du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies actuellement en cours jusqu’au 24 mars.
L’EPU des Philippines aura lieu le 8 mai prochain. Le dernier examen des mesures prises dans le pays, comme par tous les États membres des Nations Unies pour améliorer la situation des droits de l’Homme, fut il y a cinq ans, en 2012. Le Conseil des droits de l’Homme s’appuie sur cet examen pour rappeler États leur responsabilité de respecter pleinement et de mettre en œuvre tous les droits de l’homme et libertés fondamentales.
Au FIFDH
Le 18 mars, jour de la clôture du 15ème édition du Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH), l’OMCT co-présentera avec la Délégation Genève Ville Solidaire (DGVS) à 20h30 un débat intitulé « Philippines : permis de tuer » après la diffusion du film Tir à vue sur les dealers.
En l’absence de Leila de Lima, qui n’a pas pu participer au débat suite à son arrestation le 24 février, le débat fera place à Philip Sawali, Chef de cabinet de la sénatrice philippine. Principale opposante de Duterte et Présidente de la Commission philippine pour les droits de l’Homme, de Lima a été accusée d’avoir monté un réseau de trafic de drogue dans le but de la faire taire selon nombre d’observateurs.
L’OMCT, Amnesty International, mais également le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme ont à plusieurs reprises dénoncé publiquement la politique meurtrière menée aux Philippines par le Président Duterte. Selon plusieurs ONG, agissant sous les ordres directs du Président Duterte qui s’est vanté d’avoir lui-même abattu des trafiquants, la police philippine pourrait s’être rendue coupable de crimes contre l’humanité. Le FIFDH, Amnesty International et l’OMCT ont déjà demandé instamment la libération de Leila de Lima.
Figurant parmi les intervenants, Agnes Callamard, Rapporteur spécial des Nations Unies sur les exécutions sommaires, aurait de nouveau de demandé au Président Duterte de cesser cette guerre contre la drogue. Elle avait déjà invité les autorités philippines en août 2016 à prendre les mesures nécessaires pour protéger la population contre ces exécutions et pour décriminaliser les utilisateurs de drogues.
Enfin, Rosemarie Trajano, militante, directrice de la Philippine Alliance of Human Rights. Advocates (PAHRA) et membre de l’Assemblée générale de l’OMCT exposera également son point de vue. Le débat sera modéré par Chloé Rémond, journaliste française indépendante basée aux Philippines.
L’OMCT est le catalyseur d’un réseau international de plus de 200 organisations non-gouvernementales luttant contre la torture et pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme à travers le monde.
Parmi les activités déployées depuis ses bureaux de Genève, Brussels et Tunis, l’OMCT offre assistance médicale, financière et juridique aux victimes de torture, assistance technique, financière et stratégique aux ONG anti-torture en tant que coordinateur de la société civile au Comité contre la torture des Nations Unies, et plaide en faveur des droits humains et pour la mise en œuvre de la prohibition de la torture.
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