COD 300306.2.EE.VCF
Suivi des cas COD 300306.1.EE.VCF et COD 300306. EE.VCF
EXACTIONS ENFANTS/VIOLENCE CONTRE LES FEMMES
Viols de deux mineures / Impunité de certains agresseurs
Genève le 18 décembre 2006
Le Secrétariat international de l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) a reçu de nouvelles informations concernant la situation suivante en République démocratique du Congo (RDC).
Le Secrétariat de l’OMCT a été informé par la Ligue de la Zone Afrique pour la Défense des Droits des Enfants et Elèves (LIZADEEL), membre du réseau SOS-Torture, de faits nouveaux relatifs à deux cas de viol de jeunes filles en RDC.
1) Selon les informations reçues, la jeune fille de 13 ans (au moment des faits, elle a aujourd’hui 14 ans) violée par sept hommes dans la nuit du 15 au 16 janvier 2006 près de Kinshasa a désormais repris sa scolarité après avoir reçu des soins médicaux et psychologiques appropriés. Cependant l’OMCT est particulièrement préoccupée par le défaut de suivi de son dossier au niveau judiciaire. Celui-ci n’a en effet, quasiment pas évolué. Bien que la LIZADEEL ait fourni de l’argent au policier en charge du dossier pour le pousser à agir malgré le manque de moyens de la police, et en dépit de l’identification de cinq des sept auteurs du viol et du mandat d’amener délivré par le magistrat instructeur de l’affaire à l’encontre des cinq individus identifiés, un seul des auteurs a été arrêté mais étant âgé de 16 ans seulement, il a été relâché.
2) Le Secrétariat international de l’OMCT a été informé de faits nouveaux relatifs à la réhabilitation d’une jeune femme victime de viol le 18 février 2006 près de Kalamu et au suivi judiciaire de l’affaire. Pendant plus de cinq mois, la jeune femme, aujourd’hui âgée de 18 ans, a bénéficié d’une prise en charge médicale au Centre Bomoto et à l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa ainsi que d’un suivi psychologique assuré par la LIZADEEL. Son état psychologique et physique s’est largement amélioré. Cependant, ne supportant plus moqueries et pitié de la part de sa communauté, elle a du quitter son quartier et son école. Elle n’est toujours pas en sécurité puisque le co-auteur du viol est toujours en liberté. Selon l’OMCT et la LIZADEEL, le suivi judiciaire de l’affaire n’est pas encore pleinement satisfaisant puisqu’un seul des deux auteurs présumés du viol, le dénommé « Dunga », a été arrêté et est désormais détenu préventivement au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK). Dunga est également poursuivi dans le cadre d’une affaire similaire parvenue quelques mois plus tard après une période de mise en liberté provisoire ; les deux dossiers ont été joints (voir appels urgent de l’OMCT COD 200606.EE.VCF et COD 200606.1.EE.VCF).
En mars dernier, le Secrétariat international de l’OMCT avait été informé par la Ligue de la Zone Afrique pour la Défense des Droits des Enfants et Elèves (LIZADEEL), membre du réseau SOS-Torture, de deux cas de viol aux circonstances similaires sur deux jeunes filles de 13 et 17 ans.
1) Le 16 janvier 2006, des passants ont retrouvé une jeune fille de 13 ans à terre baignant dans son sang près de la commune de Makala qui avait été violée par sept hommes entre 19 heures et 5 heures du matin (dans la nuit du 15 au 16 janvier). Les parents de la victime avaient rapidement alerté la police du rond point de Ngaba du district de Mont Amba.
2) Le 18 février 2006 dans la soirée, une jeune fille âgée de 17 ans au moment des faits, avait été abordée brutalement par plusieurs hommes près de la Commune de Kalamu. Malgré des appels au secours et le passage à proximité de policiers qui n’étaient pas en service, après une poursuite et des coups, deux hommes du groupe avaient chacun violé la jeune fille, ainsi qu’en utilisant un objet. La jeune fille avait finalement réussi à s’enfuir avant de se faire conduire chez ses parents puis soigner au centre de Bomoto de Matonge. Un seul des agresseurs, reconnu comme le chef du groupe et dénommé « Dunga », avait été arrêté deux jours après les faits et transféré au CPRK avant d’être relâché sous caution. Mais, suite aux menaces de mort adressées à sa victime, il avait de nouveau été arrêté sous la pression des ONG locales en mai 2006. Il avait été ensuite relâché une seconde fois sous caution par le même magistrat instructeur. C’est après cette seconde libération qu’il avait violé une autre jeune fille le 29 mai 2006 (voir appel urgent de l’OMCT COD 200606 EE.VCF).
Nous vous prions de bien vouloir écrire aux autorités de la République Démocratique du Congo, leur demandant de:
Genève, le 18 décembre 2006
Veuillez nous informer de toute action entreprise en citant le code de cet appel dans votre réponse.
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