DJI 200710
Détention arbitraire/ Détention au secret/ Allégations de torture et autres mauvais traitements/ Crainte pour l’intégrité physique et psychologique
Le Secrétariat International de l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) requiert votre intervention urgente dans la situation suivante à Djibouti.
Le Secrétariat International de l’OMCT a été informé par une source fiable et Antenna International, une organisation membre du réseau SOS-Torture de l’OMCT, de la détention arbitraire et des allégations de torture et d’autres mauvais traitements à l’encontre de M. Mohamed Ahmed dit Jabha, 39 ans, militant du Front pour la Restauration de l’Unité et la Démocratie (FRUD), à la prison centrale dite « Gabode », dans la ville de Djibouti.
Selon les informations reçues, le 1er mai 2010, alors qu’il essayait de défendre une femme enceinte que des soldats tentaient de violer, près de Moussa Ali (Nord Ouest du district de Tadjourah), M. Mohamed Ahmed a été arrêté par des membres de l’Armée Nationale Djiboutienne (AND), basés à la caserne d’Assagueïla. Il a tout d’abord été porté disparu car ni sa famille, ni ses connaissances ne savaient où il se trouvait. Ce n’est qu’ensuite qu’il a été possible de reconstituer les différents lieux dans lesquels il aurait été détenu depuis le 1er mai.
Conformément aux dernières informations reçues, il a été détenu, durant cinq jours, à la caserne d’Assagueïla puis dans les locaux des Services de Sécurité, situés sur le Plateau du Serpent. Il a ensuite été transféré dans différents endroits tels que la caserne militaire de Gal Eila à Mabla, puis, du 18 au 30 juin 2010, à la brigade du Nord de la gendarmerie, lieu dans lequel il aurait été privé de nourriture durant 10 jours. M. Mohamed Ahmed aurait subi de nombreux actes de torture, entre autres, des simulations d’exécution, dans les locaux des Services de Sécurité puis à la caserne militaire de Gal Eila.
Selon les mêmes informations reçues, depuis le 30 juin 2010, M. Mohamed Ahmed est détenu à la prison centrale dite « Gabode » où les conditions y sont déplorables. Aucuns soins ne lui sont fournis alors que, d’après les informations, il crache du sang, a du mal à se déplacer, souffre de contusions, a le tympan éclaté et les côtes cassées.
M. Mohamed Ahmed n’aurait, par ailleurs, toujours pas eu accès à un avocat et sa famille n’a pu le rencontrer qu’une seule fois depuis sa détention.
L’OMCT est gravement préoccupée par la situation de M. Mohamed Ahmed dit Jabha et rappelle que la pratique de la disparition forcée et de la détention au secret est contraire aux normes internationales relatives aux droits de l’Homme.
L’OMCT prie les autorités de Djibouti de garantir, en toutes circonstances, l’intégrité physique et psychologique de M. Mohamed Ahmed, conformément au droit régional et international pertinent et notamment aux dispositions de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
L’OMCT demande également aux autorités de Djibouti de faire en sorte que M. Mohamed Ahmed soit promptement présenté devant une autorité judiciaire compétente et qu’il ait immédiatement accès à un avocat de son choix, à des soins médicaux et puisse recevoir la visite de sa famille. L’OMCT rappelle que nul ne peut faire l'objet d'une arrestation ou d'une détention arbitraire.
Enfin, l’OMCT réitère sa plus vive inquiétude quant aux faits allégués ci-dessus et demande aux autorités compétentes à ce qu’une enquête immédiate, efficace, exhaustive, indépendante et impartiale soit menée sur les allégations de torture et d’autres mauvais traitements subis par M. Mohamed Ahmed, et ce afin d’identifier les responsables, de les traduire devant un tribunal civil indépendant, compétent et impartial et d’appliquer les sanctions pénales, civiles et/ou administratives prévues par la loi. Les conclusions de cette enquête doivent être rendues publiques.
Merci d’écrire aux autorités de Djibouti, afin de leur demander de:
Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques de Djibouti dans vos pays respectifs.
Genève, le 20 juillet 2010
Merci de bien vouloir informer l’OMCT de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.
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