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Arrestation arbitraire/ Détention au secret/ Crainte pour la sécurité
Le Secrétariat International de l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) sollicite votre intervention URGENTE face à la situation urgente au Soudan.
Le Secrétariat International de l’OMCT a été informé par l’Organisation soudanaise contre la torture (Sudan Organisation Against Torture, SOAT), un membre du réseau SOS-Torture de l’OMCT, de la détention arbitraire et au secret des Dr. Hassan Al Turabi, 76 ans et leader du groupe d’opposition Popular Congress Party (PCP), et Bashir Adam Rahama, un cadre politique du PCP, qui se trouvent actuellement détenus à la prison de Kober.
Selon les informations reçues, Dr. Hassan Al Turabi et Dr. Bashir Adam Rahama ont été arrêtés par des agents du service de renseignements intérieurs et de sécurité (Sudanese National Intelligence and Security Services, NISS) le 14 janvier 2009 à Khartoum. Depuis, ils n’ont pas eu accès à leur famille ou à un avocat. Les deux individus souffriraient de pression artérielle élevée et la famille du Dr. Hassan Al Turabi n’aurait pas pu lui remettre ses médicaments. En outre, jusqu’à cette date, aucune charge n’a été notifiée à leur encontre et les raisons exactes de ces arrestations demeurent inconnues.
Selon les mêmes informations, Dr. Hassan Al Turabi avait appelé le président Al Bachir, lors d’une déclaration faite deux jours avant son arrestation, à assumer la responsabilité politique des crimes commis au Darfour, y compris les déplacements, les villages brûlés et les viols systématiques. Il avait suggéré qu’il se défende auprès de la Cour pénale internationale (CPI). Dr. Bashir Adam Rahama avait également exprimé son soutien à la CPI.
Le Secrétariat International de l’OMCT est très préoccupé pour la sécurité des Dr. Hassan Al Turabi et Bashir Adam Rahama, en particulier quant aux risques de torture et mauvais traitements encourus de par leurs conditions de détention. L’OMCT est également préoccupée par leur détention, qui, selon les informations reçues, semble uniquement basée sur l’exercice pacifique de leur droit à la liberté d’expression. L’OMCT rappelle au Soudan que selon l’article 9 1) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) « nul ne peut faire l'objet d'une arrestation ou d'une détention arbitraire ». L’OMCT a été informée d’une augmentation des censures forcées, de détentions arbitraires et d’interrogatoires depuis que le procureur de la CPI a demandé qu’un mandat d’arrêt soit délivré à l’encontre du président Al Bachir accusé de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Merci d’écrire aux autorités du Soudan, afin de leur demander de:
Prière d’écrire aux représentations diplomatiques du Soudan dans vos pays respectifs.
Genève, 16 janvier 2009
Veuillez nous informer de toute action entreprise en citant le code de cet appel dans votre réponse