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Organisation Mondiale Contre la TortureRéseau mondial de lutte contre la torture et autres violations des droits de l'Homme |
Version imprimable. Publiée sur le site 202.ip-51-77-231.eu Original: /fr/violence-against-women/reports-and-publications/burundi/2020/11/d26201/ |
L’une des victimes était le père d’Anésie. Membre d'un parti d'opposition, il a été enlevé et tué au début des manifestations. Quelques semaines plus tard, des policiers ont enlevé Anésie à son retour du lycée. Ils étaient sous le commandement d’un haut gradé de la police et l'ont transportée dans une voiture vers une destination inconnue. Avant de subir un viol collectif, elle a reconnu parmi eux le même homme qui, selon elle, était derrière la mort de son père. Elle se souvient que les policiers ont voulu la tuer et qu'elle doit sa vie à l'insistance de l'un d'entre eux pour qu'elle soit libérée.
Par la suite, lorsque les médecins lui ont dit qu'elle était enceinte, Anésie a tenté de se suicider en prenant du poison. Sa famille l'a envoyée à l'étranger, avec sa mère, elle-même victime de viol, pour leur propre sécurité. Faute de moyens financiers, Anésie a dû abandonner ses études. Elle travaille pour pouvoir subvenir aux besoins de sa fille de trois ans.
Anésie a accepté de raconter ce qu’il lui est arrivé, avec l’espoir « que justice soit rendue, et que mes bourreaux soient condamnés ». Pour que le cycle de la violence soit enfin brisé.
*Prénom fictif
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