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Violence contre les femmes / Déclarations / Syrie / 2017 / March

Syrie: Silent War, sur le viol des femmes syriennes, primé par l’OMCT au FIFDH 2017

Genève, le 20 mars 2017 – Silent War, décrivant le viol utilisé comme arme de répression et de destruction massive dans la Syrie en guerre de Bashar el Assad, a remporté le prix OMCT au Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains (FIFDH).

Sans compter celles qui sont utilisées comme esclaves sexuelles des combattants de Daesh, plus de 3000 femmes sont encore aujourd’hui détenues et violées par les autorités syriennes comme une tactique de guerre, de torture et de terrorisme d’État.  La survivante d’un viol doit se taire pour ne pas être rejetée ou tuée par sa propre famille, celle-ci ne pouvant supporter que le tabou du corps sacré de la femme ait été brisé, même contre sa volonté. 

« Ces femmes ont vécu le comble de l’horreur : une destruction de leurs corps et de leurs âmes pour lesquelles elles ne pourront pas être considérées comme des victimes ni obtenir réparation ; et pourtant elles continuent d’être des mères, » dit Gerald Staberock, Secrétaire Général de l’OMCT. « Ce film porte un double message que les femmes torturées sont vulnérables, mais qu’elles sont terriblement fortes aussi. Nous devons les aider. »

Commandité par l’État ou commis par ses représentants pour briser des familles, contaminer des communautés, humilier des opposants et dissidents, changer la composition ethnique d’un pays, le viol constitue une forme de torture, un crime de guerre et un crime contre l’humanité. Les Nations Unies estiment que plus de 60 000 femmes ont été violées durant la guerre civile en Sierra Leone (1991-2002), plus de 40 000 au Libéria (1989-2003), jusqu'à 60 000 dans l’ex-Yougoslavie (1992-1995) et au moins 200 000 en République démocratique du Congo depuis 1998.

La parole pour panser les blessures, la poésie pour l’entendre

Manon Loizeau, la réalisatrice du film co-signé avec le grand reporter Annick Cojean, a donné la parole à quatre victimes de viol dont deux ont accepté de parler à visage découvert pour les aider à panser la blessure de la double peine d’être victime et pourtant considérée coupable, ce qui rajoute à la difficulté des survivantes à se remettre de ce trauma. Chacune des femmes interviewées a tenté de se suicider au moins une fois depuis sa libération.

Deuxième de Mme, Loizeau à être primé par l’OMCT, après Tchétchénie, une guerre sans traces en 2015, Silent War ne montre aucune violence, goute de sang, ou cicatrice de la torture subie.

Mme. Loizeau a utilisé un style filmique délibérément artistique pour tenir le spectateur à distance de l’horreur des drames vécus et lui permettre d’écouter jusqu’au bout. Souvent filmées uniquement de dos en ombres chinoises –seulement deux d’entre elles à visage découvert – les victimes racontent leurs histoires d’une extrême violence dans leur langue remplie de pudeur et de métaphores.

“Un film avec uniquement des successions d'horreurs on y va pas, d'autant plus sur le viol parce que ça met très mal à l'aise ; c'est le corps de la femme, il y quelques choses de tabou universellement,” dit la réalisatrice.  « J'ai mis je pense 20% des témoignages tellement le reste est inaudible au delà de la barbarie et de l'inhumain. Je voulais que les gens regardent ce film, et donc je voulais avoir une poésie, même si c'est difficile d'utiliser ce mot. »

Mme. Loizeau a aussi voulu que les spectateurs les écoutent non pas comme des victimes, mes d’abord comme des femmes.

“Je voulais raconter qui elles étaient avant, leur rêves d'enfances, leur rêve de la révolutions, leur rôle de maman, leur basculement dans l'horreur et la survie," dit elle. 

L’OMCT est partenaire officiel du FIFDH, qui s’est déroulé cette année du 10 au 19 mars, des cinéastes et personnalités internationales et des débats publics de haut niveau parallèles au Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Pour plus d’informations sur le palmares, clicker ici. 

Le prix de l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) récompense de 5 000 francs un documentaire particulièrement engagé en faveur des droits humains. Cette année encore, 11 films concourraient dans la catégorie du prix OMCT. L’année dernière, l’ OMCT a décerné son prix à Voyage en Barbarie de Cécile Allégra.

Crime de guerre 

« La violence sexuelle dans les conflits doit être traitée comme un crime de guerre : cela ne peut plus être considéré comme un dommage collatéral malheureux de la guerre, » avait pourtant déclaré Zainab Hawa Bangura, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit.

L’OMCT œuvre auprès des mécanismes internationaux et pour pour sensibiliser les États membres à intégrer dans leurs législations nationales les standards internationaux pour mieux protéger les populations vulnérables aux violences sexuelles et punir les coupables. Par exemple, en mai 2006, l’OMCT et l’ONG Lizadeel (membre du réseau SOS-Torture de l’OMCT) avaient porté plainte contre la RDC devant La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples réclamant que justice soit faite au nom d’une jeune femme violée à l’âge de 17 ans par des civils avec le consentement de la police.

En janvier 2016, la Commission a enfin jugé que la RDC devait punir les violeurs, accorder réparation à la victime et prendre des mesures pour sensibiliser le public sur la violence faite aux femmes et pour prévenir les violences sur la base du genre, notamment le viol des filles et femmes dans le pays.

Rejoignez notre campagne #HumansAgainstTorture sur www.joinhat.org. 

Pour plus d’informations sur l’OMCT, www.omct.org ou contactez Lori Brumat, Directrice de la communication : lb@omct.org.

Propriétés

Date: 20 March 2017
Activité: Violence contre les femmes
Type: Déclarations
Pays: Syrie
Sujets: Police, militaires et paramilitaires, Torture et violence, Violence contre les femmes

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