Cas MAR 260209.VCF
VIOLENCE CONTRE LES FEMMES
Arrestation arbitraire/ Intimidations et menaces/ Torture, y compris viol d’une jeune sahraouie par la police
Le Secrétariat international de l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) requiert votre intervention urgente dans la situation suivante au Sahara Occidental / Maroc.
Le Secrétariat international de l’OMCT a été informé par Antenna International, membre du réseau SOS-Torture de l’OMCT, et d’autres sources fiables, de l’arrestation arbitraire suivie d’actes de torture y compris le viol, et d’intimidations et menaces à l’égard de Mlle Hayat Erguibi, âgée de 19 ans, à Laâyoune, Sahara Occidental.
D’après les informations reçues, le 23 février 2009 Mlle Hayat Erguibi se trouvait dans le quartier de Maatallah à Laâyoune quand elle a été approchée par six policiers en civil encadrés par l’officier Mohammed El Hassouni (surnommé « Moustache ») qui l’ont fait monter de force dans leur véhicule. Ensuite les policiers lui ont bandé les yeux et menotté les mains dans le dos. Lorsque Mlle Erguibi leur a demandé la raison de son arrestation arbitraire, le policier El Aaloui l’a accusée d’avoir « dépassé les limites » suite à sa rencontre avec Mme Michèle Decaster, Secrétaire générale de l’Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique (AFASPA).
Selon ces mêmes informations, Mlle Erguibi a été maintenue dans le véhicule de la police pendant environ deux heures. Ils l’ont rouée de coups de pieds et de gifles. A l’arrivée d’officiers auprès du véhicule, l’un d’entre eux, El Aaziz Anouche (surnommé « Taouhima ») a ordonné aux policiers de la déshabiller et de lui tenir les mains pendant que ce même officier lui touchait les seins et l’embrassait de force sur la bouche. Ensuite ce dernier l’a interrogée à propos des inscriptions sur les murs du quartier Maatallah et l’accueil réservé par les habitants sahraouis au militant Hmad Hammad fin janvier 2009. Après cela, il l’a menacée de viol et de l’enterrer vivante, ainsi que de licencier son père (fonctionnaire), de kidnapper ses frères et de mettre fin à ses études au collège. Suite à ces menaces, l’officier El Aaziz a ordonné aux autres policiers de la violer en la pénétrant par l’anus à l’aide d’une matraque. Après cela, les policiers l’ont de nouveau menottée, les mains et les pieds joints, et l’officier El Aaziz a poursuivi son interrogatoire, en lui demandant des informations sur sa relation avec un autre militant saharoui, Ahmed Sbaï, et sur les préparatifs de la célébration du 33e anniversaire de la création de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Avant de la déposer devant l’hôpital Hassan II, les policiers lui ont volé 100 DHS et menacée de mort si elle dénonçait les sévices qu’on venait de lui infliger.
D’après les dernières informations reçues, la famille de Mlle Erguibi aurait subi également des intimidations afin qu’elle ne soumette pas de plainte.
Nous vous prions de bien vouloir écrire aux autorités du Royaume du Maroc, leur demandant de:
Merci d’écrire également aux représentations diplomatiques du Royaume du Maroc dans vos pays respectifs.
Veuillez nous informer de toute action entreprise en citant le code de cet appel dans votre réponse.
Genève, le 26 février 2009.
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